Le sourire figé, du matin au soir
Elle leur sert à manger, elle leur donne à boire
« Cendrillon! Apporte-moé un café »
Ils la dévisagent, déshabillent du regard
Apprécient son corsage et c'est là qu'ils déclarent
« Cendrillon! Y'est bon ton café »
Ils se plaisent à conter leurs histoires de salaces
Ils voudraient la gêner, mais elle reste de glace
« Cendrillon ! Réchauffe don' mon café »
À soir c'est la paye, demain son jour de congé
Elle espère le soleil pour aller au marché
« Cendrillon c'est l'heure de fermer »
Le torchon qu'elle tord a fini sa journée
En s'épongeant le front, elle entend gueuler
«Cendrillon! Y reste t'y du café »
C'est le seigneur des lieux qui vient recenser
Le tribut précieux qu'elle a collecté
« Cendrillon! Qu'est-ce que je ferais sans toé »
La belle aubergiste a bien vu dans ses yeux
Une lueur de malice, un dessein dangereux
« Cendrillon! Viens don' près de moé »
Elle a beau soupirer, elle a beau se défiler
Il entend pas se justifier, il veut juste la trousser
« Cendrillon! Minuit est sonné »
À soir il a bu, il la veut dans son lit
C'est ça ou la rue, elle l'a ben compris
« Cendrillon! Le conte est fini »
« Si quelque chose doit plier, ce sera pas ma vertu
Je te rends ton tablier, mais laisse faire pour mon cul
Je préfère reprendre la rue
Je préfère reprendre la rue »
Cendrillon s'est poussée, oubliant ses souliers
est partie dans la nuit en maudissant les fées…